2/ Comment les régimes totalitaires et autoritaires ont exploité la famille et par quels moyens?

c) une jeunesse contôlée

     Les régimes totalitaires et autoritaires ont utilisé la jeunesse car elle est en quelque sorte l'avenir du régime. En Allemangne nazie, les garcons étaient pris en charge dès 8 ans et les filles dès 10 ans pour etre intégrés à la jeunesse hitlérienne.

     La jeunesse hitlérienne (hitlerjugend) est une organisation de la jeunesse allemande qui avait pour but de l'encadrer et de l'éduquer sous le régime national-socialiste. La jeunesse hitlérienne est fondée en 1926, elle apparait comme l'un des piliers du projet national-socialiste d'Adolf Hitler pour asseoir son pouvoir absolu sur tous les aspects de la vie dans la nouvelle Allemagne du 3ème Reich. C'est au début des années trentre que la jeunesse hitlérienne représente une force majeure, en effet, la loi du 1er décembre 1936 oblige tous les allemands à appartenir à cette jeunesse, elle compte alors 100 000 membres en 1932 et 7700 000 à la fin de l'année 1938.La raison d'être des Jeunesses hitlériennes était la formation de futurs surhommes « aryens» et de soldats prêts à servir loyalement le Troisième Reich. Dans les Jeunesses hitlériennes, l'entraînement physique et militaire passait bien avant l'éducation académique et scientifique. L'apprentissage prodigué aux jeunes comprenait le maniement des armes, le développement de la force physique, la stratégie militaire et un endoctrinement antisémite. Cette jeunesse doit apprendre uniquement à penser allemand et à agir en allemand. A dix-huit ans, les jeunes hommes pretent serment de fidélité à Hitler et les plus doués d'entre eux sont appelés à devenir des cadres du parti ou de l'Etat nazi après une formation au sein des "écoles Adolf Hitler".

 

    Affiche de 1935

 

 

"Cette jeunesse doit apprendre uniquement à penser allemand et à agir en allemand. Ceux qui après avoir participé aux activités obligatoires des organisations de  jeunesse puis d'adultes ne sont pas encore devenus de vrais "nationaux-socialistes", nous les soumettrons au service du travail obligatoire afin qu'ils soient en six ou sept mois remodelés à l'enseigne d'un unique symbole, la beche allemande. Ainsi ils ne seront plus jamais libres toute leur vie."                                                            D'après A.Hitler, discours de Reichenberg, décembre1938.

"Quand ces jeunes garçons et ces jeunes filles entrent dans nos organisations à l'age de 10 ans, ils reçoivent et sentent un air de frais, souvent pour la première fois; quatre ans après, ils passent de la Jungvolk(=jeune peuple) à la Hitlerjugend(=jeunesse hitlérienne) et là nous les tenons encore pour quatre ans. Nous les prenons immédiatement dans le parti, dans le front du trvail, dans la SA (Sturm Abteilung = Sections d'Assaut) ou dans la SS (SchuteStaffel= groupe de protection)."                                                                                                                                               

Extrait d'un discours d'A.Hitler sur la jeunesse hitlérienne

Une propagande est mise en place pour la jeunesse, c'est l'exemple du mensuel "der Pimpf" qui concerne les garçons de 10 à 14 ans.

 

 "der Pimpf"

 avril 1938

 

 

 

Der Pimpf était la revue mensuelle pour des garçons pendant 10-14 années dans l'organisation de la jeunesse de Hitler. La première question est apparue dans 1935 sous le titre Morgen. Le titre a changé en Der Pimpf avec la question de l'avril 1937. Il a contenu un mélange d'aventures et de propagande. Sa fréquence de publication diminue pendant la guerre.

Jeunes filles embrigadées dans la Jeunesse hitlérienne qui accueillent Hitler en agitant des drapeaux nazis sur la Wilhelm Platz, le 13 août 1938.

  

     D'autres régimes totalitaires vont prendre aussi la jeunesse comme l'Italie de Mussolini. En effet, en attendant de pouvoir soumettre définitivement l’État et de constituer la principale force de relève politique de l’après Mussolini, le parti unique se consacre à l’investissement méthodique de l’espace de la société civile, étape tout aussi décisive à ses yeux pour la réussite de l’expérience totalitaire.
Entre 1936 et 1943 s’établit sous l’impulsion de Mussolini une véritable « révolution culturelle » dans le but d’enraciner l’esprit du fascisme dans la conscience des masses italiennes et d’en finir avec l’influence des anciennes élites.
Sur le terrain culturel, ce durcissement révolutionnaire renvoie particulièrement à l’éducation des masses et à la formation de nouvelles élites, et touche par conséquent particulièrement la jeunesse.
La jeunesse est ainsi embrigadée très tôt dans des groupes qui lui enseignent l'idéologie fasciste. « Je prends l'homme au berceau et je ne le rends au pape qu'après sa mort » dit
Mussolini.Dans les années vingt, la création de formations paramilitaires devient rapidement un moyen de contrôle de la population pour le régime de Mussolini.

Cette photographie d'Adolfo Polly montre trois Balilla (le terme est utilisé en référence à Giovanni Battista Perasso, dit Balilla, symbole de la lutte contre les Autrichiens en 1746 ) défilant lors d'un « samedi fasciste ».

  

 

 

 Les Chantiers de la Jeunesse Française.

     Sous le régime de Vichy, la jeunesse a également été utilisée. L'armistice, dans l'esprit de Pétain ne répondait pas seulement à des nécessités de politique extérieure. C'était également la condition de la réalisation de son principal dessein: Construire une France nouvelle et refonder son esprit sur des valeurs morales plus saines. C'est ce projet de Révolution Nationale qui servit de cadre idéologique au régime de Vichy. La jeunesse a occupé une place centrale dans ce programme; et c'est en vue d'un tel encadrement que le régime appréhenda sa politique concernant les jeunes.
   D'un point de vue idéologique l' Etat français se résume en deux mots: Révolution Nationale. Celle-ci faite de nouvelles valeurs, conféra à la jeunesse un rôle majeur dans le programme de Vichy qui commença à l'encadrer et l'endoctriner par le biais de la Famille, l'Eglise, le système scolaire et les organisations de jeunesse.

     L'armistice de 1940 ayant supprimé le service militaire obligatoire, les chantiers de jeunesse furent créés comme une sorte de remplacement le 30 juillet 1940. Les jeunes hommes de la zone libre et de l'Afrique du nord française en âge d'accomplir leur obligations militaires y étaient incorporés pour un stage de huit mois. Ils vivaient en camps près de la nature, à la manière du scoutisme, mais avec le volontariat en moins, et accomplissaient des travaux d'intérêt général, notamment forestiers, dans une ambiance militaire. Ils étaient encadrés par des officiers d'active et de réserve, ainsi que par des aspirants formés pendant la guerre de 1939-1940.

     Dirigés par le général Paul de La Porte du Theil, les chantiers de jeunesse étaient une institution ambigüe. Il s'agissait d'inculquer les valeurs de la Révolution nationale, prônée par le Régime de Vichy. Les Chantiers, initialement ouverts aux jeunes juifs français, leur furent d'abord interdits en Afrique du Nord, à la demande du colonel Van-Ecke, Commissaire Régional, soutenu par le général de La Porte du Theil. Puis l'année suivante le même général obtint que cette exclusion soit étendue aussi à la métropole. Le culte de la hiérarchie et de la discipline passait notamment par l'importance donné à tous niveaux au Chef. La vénération du Maréchal Pétain imprégnait profondément les dirigeants. Alors que le régime exaltait le retour à la terre et le provincialisme, la vie en groupements dans les bois pouvait aussi se lire comme une réaction contre la ville industrielle et corruptrice, foyer de l'individualisme et de la lutte des classes. Par ailleurs, aucune "politique" n'était toléré dans les chantiers. Ce qui signifiait l'interdiction de la propagande des partis collaborationnistes et bien sûr des organisations de Résistance, mais aussi l'absence quasi-totale de journaux, de radios, de débats et autres moyens de communication qui même censurés, auraient permis aux jeunes de suivre l'évolution de la guerre et de la politique du régime, et de se faire une opinion personnelle.

     Après la guerre, les dirigeants des CJF affirmeront avoir voulu préparer une troupe mobilisable en cas de reprise de la guerre contre l'Allemagne. Cette affirmation paraît discutable.

  

A Randan (Puy-de-Dôme), dès le 4 août 1940, furent créés les Compagnons de France. Cette association avait pour but le rassemblement de jeunes Français désireux de participer au relèvement matériel et moral du pays, en offrant leur concours aux services d'aide aux réfugiés et aux prisonniers ou en prenant toute initiative pour associer les jeunes au service de ce pays.

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